Elevage selle français

Date : Monday 08 August 2005 @ 13:32:19 :: Sujet : Ressources pédagogiques

LE LIVRE B DU STUD BOOK SELLE FRANCAIS UNE OPPORTUNITE POUR L’ELEVAGE CALEDONIEN ? par JJ Prothais Eleveur

 

 

Avec les dernières possibilités d’inscriptions au stud-book du SELLE FRANÇAIS, en cours de propositions, il nous semble utile d’entamer une réflexion sur cette opportunité.

 

Avant toute chose, il convient de rappeler la structure de création du stud book du selle francais Ce stud book métropolitain, qui est plus de notre avis, un concept, une marque voire une philosophie, à été formé par la réunion des trois « terroirs du demi- sang » : - le demi- sang normand - le demi-sang vendéen - le demi-sang du centre avec les demi-sang anglo-arabes du sud ouest de la France Ces éléments étaient réunis sous la même appellation SELLE FRANÇAIS en 1958.

Cette notion du demi-sang avait été créée en 1914 (arrêté ministériel du 30 janvier), concept qui, à cette époque, consacrait l’introduction de pur-sang sur l’importante jumenterie de guerre et de travail. Ce stud-book, parfois qualifié de « fourre tout » a évolué par l’adjonction de différents sangs tels que le TROTTEUR FRANÇAIS ou le PUR SANG IRLANDAIS pour constituer l’une des plus grosses « fabriques » de chevaux de sports au monde avec le HANOVRE et le KWPN. Comme on le voit, le SELLE FRANÇAIS est devenu un cheval national, au modèle qui n’a jamais été très homogène et fruit d’une évolution bâtie sur ces grandes bases. Les résultats de cette sélection en ont fait, un label admiré et recherché par les plus grands stud-book mondiaux : COR LE LA BRYERE dans le Holstein, ALME Z dans le Zangersheide, FURIOSO II dans le Oldenbourg QUIDAM DE REVEL au Danemark. En sont les quelques exemples Les instances dirigeantes de ce stud-book, qui est maintenant géré, rappelons le, par une organisation privée (l’Association Nationale du Selle Français) ont décidé d’ouvrir le SELLE FRANÇAIS sur l’Europe. Cela a commencé par l’admission de chevaux de sport étrangers dans les compétitions nationales et les équipes de France, admission qui s’est également étendue aux sacro-saintes épreuves d’élevage de la Société Hippique Française ( cycles classiques). En récupérant ce stud-book auprès des Haras Nationaux, et donc la compétence en matière de réglementation, l’ANSF a poursuivi le mouvement amorcé vers l’agrément d’étalons et de juments étrangères comme FACTEURS DE SELLE FRANÇAIS, perpétuant ainsi le travail de fond effectué par l’administration. Un nouveau registre, le stud-book B, va donc bientôt s’ouvrir. Y seront admis tous les SELLE ETRANGERS issus d’un stud-book européen reconnu par la WBFSH ( World Breeding Federation for Sport Horse= Fédération Mondiale de l’Elevage du Cheval de Sport). Les produits directs de ces animaux auront donc la marque SF

 B. UNE OPPORTUNITE POUR L’ELEVAGE LOCAL ?

Notons au passage qu’un parallèle, toutes proportions gardées bien entendu, peut être fait avec l’esprit qui a animé la création du stud-book calédonien du cheval de selle !. Les éleveurs Calédoniens sont maintenant à l’heure du choix. Une avancée importante avait été faite par l’inscription directe en FACTEURS DE SELLE FRANÇAIS en 1992, de 13 juments locales. Ces inscriptions avaient favorisé l’orientation de notre élevage vers un rapprochement directe avec les stud-books européens. Cette base existe donc localement avec les produits femelles de ces juments, inscrits réglementairement au Stud-book du selle français. La suite logique de cette démarche devrait, semble-t-il, permettre l’inscription de certains produits locaux à ce stud-book.

La création des stud-book locaux et notamment ceux du cheval de selle et de sport permet de gérer efficacement l’aspect administratif de ces élevages. Manquent encore les orientations d’une politique d’élevage, à raisonner entre les éleveurs eux-mêmes, de façon à guider davantage les choix de croisements. Ceci passe par l’enregistrement des performances, tant en concours de modèle que dans les autres disciplines. On ne peut pas, en effet, faire de sélection « locale » sans critères « locaux » Une large réflexion, mettant en œuvre tous les acteurs de la filière est à mettre en place à ce sujet. Néanmoins les animaux inscrits dans ces stud-book locaux, sont quasiment condamnés à alimenter le marché local avec toute l’étroitesse qui le caractérise.

L’une des voies à explorer reste, de notre avis, l’ouverture vers l’exportation en direction des pays proches du Pacifique. Et de ce point de vue, il convient d’examiner de près le potentiel des produits « exportables ». En effet, si l’on souhaite récolter localement, d’une part les fruits de la notoriété acquise par le stud-book du SELLE FRANÇAIS, et d’autre part les possibilités offertes par cette ouverture européenne, l’on se doit de ne placer sur ce marché que des chevaux issus de celui-ci. Certaines juments importées ou leur production pourraient sans doute prétendre à une inscription en SFB. Il convient donc de veiller aux choix des étalons à croiser avec celles-ci. D’autre part, les marchés anglo-saxons étant souvent demandeurs de produits légèrement différents, il conviendrait d’observer davantage ce marché. Une récente importation par la Nouvelle Zélande de cinq pouliches selle français (Mille guiness, Maybe de brève, Margareth du manoir, Manon des souches et Majestueuse du lys) devrait interpeller nos consciences. Cette conquête nous semble être l’unique objectif, dans et par lequel, les avancées techniques de notre élevage pourront trouver récompense. Rappelons que les efforts financiers consentis par les éleveurs sont encore très loin de leur juste rémunération. Le nombre, de plus en plus important, de poulains produits, accroît, il est vrai, la base génétique mais augmente par contre dangereusement, l’offre de ce marché fragile. Il convient donc de réfléchir rapidement à la destination de cette production. Il est tout aussi évident que certaines mesures devront conduire cette sélection : castration des males assez jeunes, conservation des femelles et mise à la reproduction des meilleures d’entre elles, après les avoir « testées » en compétition et en les encourageant si besoin pour avoir l’accès à la meilleure génétique. La mesure et l’enregistrement des performances devrait permettre à terme de prouver que la production locale vaut celle de l’extérieur de ce point de vue et ainsi d’ajuster le marché intérieur sur les tarifs pratiqués pour les importations). En ardent défenseur de cet objectif, nous considérons que ce qui pouvait sembler utopique il y a quelques années, pourrait très bien se matérialiser aujourd’hui, si une prise de conscience collective génère ce mouvement.

 

Tous les dispositifs restent à inventer pour permettre d’amorcer cette « pompe à l’export » et ainsi créer l’émulation déjà observée dans d’autres filières. Il sera sans doute très difficile de sortir de la logique d’importation sur laquelle s’est basée le développement de cette filière mais gageons que des politiques attractives sauront la modifier.




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